I.S.N.E.A.

QUI SOMMES-NOUS ?

Qui sommes-nous ?

L’institut Scientifique Nord Est Atlantique est administré selon le régime français des associations de loi 1901.

Son objectif est de mettre en œuvre des études et des programmes de recherche scientifique de haute valeur afin de mieux comprendre le fonctionnement écologique et la biologie des organismes vivants, dans le but de promouvoir une gestion durable des espèces et des habitats naturels eu égard aux réglementations européennes et aux conventions internationales en matière de conservation de la biodiversité.

L’institut repose principalement sur l’association et la contribution active de plusieurs fédérations départementales des chasseurs, agréées au titre de la protection de l’environnement. Celles-ci contribuent à son fonctionnement financier et offrent un soutien technique. L’Isnea est piloté par un conseil d’administration, secondé d’un conseil scientifique, et s’appuie sur la collaboration étroite avec des experts scientifiques reconnus à l’échelle internationale.

Le programme scientifique de l’ISNEA comporte plusieurs volets dont le principal est celui d’accroître la connaissance sur l’état de conservation des espèces. Les protocoles et méthodes d’études sont reconnus par les instances scientifiques et administratives et combinent plusieurs approches scientifiques et techniques innovantes. A ce titre, des professionnels spécialisés sont fortement investis dans des missions de suivi pluriannuel des populations.

Le rayonnement géographique de l’ISNEA, principalement concentré sur la moitié nord de la France, a vocation à s’étendre dans le Nord-Ouest de l’Europe car plusieurs des espèces étudiées sont composées d’oiseaux migrateurs qui se déplacent périodiquement entre le Nord de l’Europe et la péninsule ibérique en traversant la France.

L’interaction entre les activités humaines et les espèces animales d’une part, et leurs habitats naturels d’autre part, constitue un enjeu de plus en plus saillant auquel s’ajoutent les incertitudes quant aux effets des changements climatiques globaux. L’ISNEA, de par ses compétences scientifiques et techniques et sa couverture géographique, vise ainsi à être un acteur majeur pour intégrer la dimension humaine à la conservation de la biodiversité. Les défis sont nombreux et complexes, c’est pourquoi l’Institut vise à mettre les moyens en adéquation avec les objectifs définis !

PROJETS

L’ISNEA investi dans près de 10 projets de recherche scientifique !

Le suivi de l’état des populations, principalement par le dénombrement régulier des individus, demeure une source élémentaire et fondamentale d’informations. Bien que cette connaissance semble, a priori, simple à obtenir, nombreuses sont les études scientifiques qui insistent toutefois sur une bonne appréciation de la qualité des données, des stratégies de recensements (échantillonnage ou exhaustivité) et des méthodes d’analyses. Une fois cette étape franchie, il faut également se rendre à l’évidence que simplement constater une hausse, une stabilité ou une diminution des tendances d’effectifs pour une population donnée ne suffit plus pour définir et promouvoir une politique rigoureuse et juste de conservation des espèces. En effet, le jeu complexe des interactions ou de la coopération, entre les espèces et au sein des espèces, doit nous interpeller pour être plus ambitieux dans la compréhension des mécanismes biologiques et processus démographiques permettant d’expliquer les variations de la taille des populations, et ce d’autant plus lorsqu’il s’agit d’espèces migratrices. Nous savons aujourd’hui, à partir d’études conduites en Amérique du Nord, que la variation des effectifs de limicoles déduite à partir de dénombrements effectués sur des sites habituellement recensés depuis des années n’était en fait qu’apparente. En effet, ces espèces proies ont modifié leurs stratégies migratoires et leurs zones hivernales de stationnement en réponse à la perception du risque d’être pré daté en raison d’une augmentation des densités de faucons pèlerins. Par ailleurs, comment expliquer que des populations d’oies à bec court, longtemps considérées comme vulnérables et ayant fait l’objet de mesures drastiques de protection face au dérangement humain  notamment, atteignent aujourd’hui des taux d’accroissement quasiment incontrôlables alors que les mesures de gestion, notamment au travers du plan européen de gestion, ont instauré un doublement des prélèvements par la chasse. Comme pour d’autres espèces d’oies (oie des neiges, oie cendrée), leur fonctionnement écologique en lien avec les effets des changements climatiques révèle quelquefois des surprises quant à la prédiction sur la dynamique des populations. Les progrès scientifiques nous montrent de plus en plus que les espèces possèdent des mécanismes d’adaptation et d’acclimatation encore méconnus face aux variations prédictibles ou non de leur environnement ; d’où la nécessité de ne pas s’arrêter à des interprétations intuitives mais d’aller plus loin et de les mettre en évidence.

L’ISNEA, a pour objectif de travailler, de manière proactive, autant sur la connaissance de l’état des populations que sur la compréhension des processus biologiques et écologiques permettant d’expliquer les réponses adaptatives des animaux face aux variables de l’environnement ainsi que leurs limites. Outre ses programmes propres de recherche, l’ISNEA, dans le cadre du programme scientifique national de la FNC, s’est vu confié la mission d’étendre le monitoring à toutes les espèces aviaires au travers d’une procédure ambitieuse et de qualité. Au total 18 départements participent cette année à ce vaste projet. Il s’ensuit l’étude d’envergure sur les notions du dérangement et de la perturbation suivant une approche scientifique pluridisciplinaire, ainsi que le suivi qualitatif des populations via la connaissance des ratios de l’âge et du sexe chez les anatidés grâce à la collaboration des associations de chasseurs-collecteurs (en particulier avec l’ANCGE par les lectures d’ailes, envoi direct des photos d’oies, …). Notre objectif est d’utiliser au maximum les données pouvant être recueillies sur l’oiseau en main grâce à la participation active des chasseurs.

Avec plusieurs millions d’oiseaux recensés et identifiés, les résultats obtenus sont déjà très prometteurs et constituent une avancée majeure dans le domaine de la connaissance des populations, notamment parmi les espèces chassées. La valorisation de ces données est en cours et va crescendo.

En outre, la fédération de l’Aisne nous a officiellement rejoint cette année en tant que membre actif, ce qui renforce nos ambitions de progresser en faveur d’une vraie démarche scientifique d’envergure au service d’une exploitation durable et soutenable des ressources naturelles (également renouvelables). Nos études ne sont pas en contradiction ou redondantes avec ce que font d’autres organismes de recherche, au contraire nous les complétons utilement et ajoutons une plus-value certaine à la seule connaissance des tendances démographiques. Il reste tellement à faire et sur tant d’espèces que nous ne pouvons faire l’économie d’étendre notre connaissance pour corriger le déséquilibre croissant entre les usagers de la nature. En effet, force est de constater que les politiques de gestion de l’oie cendrée, de l’oie à bec court et du canard siffleur par exemple, à partir des seules situations constatées aux Pays-Bas et dans d’autres pays du Nord sont tout simplement un non sens et insuffisamment réfléchies.

Les besoins financiers restent importants pour mener à bien ces vastes et nécessaires chantiers, aussi nous comptons sur la collaboration et le soutien du plus grand nombre.

Le Président de l’ISNEA

W. SCHRAEN

OIES

Les nouvelles données scientifiques sur les oies défendues par l’ISNEA
Publié le 17 juin 2015

Le 16 juin, le Président de l’ISNEA, Willy SCHRAEN ainsi que le directeur scientifique de l’Institut ont été reçus par des députés de la mission d’information parlementaire pour être entendus sur les apports scientifiques nouveaux concernant le problème de la chasse des oies cendrées en France.CENDREES 3
Ils ont notamment pu défendre les données obtenus à partir des suivis de l’âge ratio et les résultats issus des poses de balises GPS financées par la FNC et plusieurs organismes cynégétiques (fédérations des chasseurs, associations spécialisées).
En s’appuyant sur l’article 1.8.2 et 2.5.9 du guide interprétatif de la directive oiseaux (voir ci-dessous) il est clairement établi que les résultats portant notamment sur le suivi individuel et continu des oies grâce aux balises constituent incontestablement les meilleures données disponibles actuellement, à l’opposé de simples observations trop dépendants de biais humains et ce que ne permettent pas de manière aussi rigoureuse le baguage et/ou le marquage par collier en raison des reprises et observations trop aléatoires. Or, aucune des 16 oies ayant hiverné en Espagne n’a débuté sa migration avant le 11 février ce qui a encore été confirmé en 2015. Il serait certainement utile d’augmenter la taille de cet échantillon mais nombreux sont les articles scientifiques qui font état des stratégies migratoires d’oiseaux avec moins de 10 individus équipés de balises GPS, ce qui accrédite la pertinence de nos constatations. Par ailleurs, nos données ont également permis de démontrer que la stratégie migratoire des oies cendrées est étroitement associée à une forte modification saisonnière de leur domaine vital en Espagne et aux Pays-Bas. Ces derniers résultats ont été récemment validés par deux comités d’experts scientifiques indépendants.
L’ensemble des résultats répond donc aux préconisations de la commission européenne en matière de recherche et il est donc clairement établi qu’en l’état actuel de ces connaissances, la migration active de l’oie cendrée s’opère en février et que tous les mouvements d’oies observées en vol avant le 10 février ne peuvent être considérés, implicitement et de manière absolue, comme étant de la migration prénuptiale (ou des trajets de retour vers le lieux de nidification) tel que défini par les concepts clés et le guide de la directive « oiseaux ». En conclusion, les données scientifiques actuelles permettent, en application de l’article 7 de la directive oiseaux et de son guide interprétatif, de considérer que les oies cendrées migrent activement en février et que la chasse en France pour cette espèce peut donc se prolonger au moins jusqu’au 10 février, voire jusqu’au 20 février si l’on tient compte du principe de la décade de recouvrement.
Enfin, les quelques prélèvements d’oies pouvant être réalisés en France, à cette période, ne seront manifestement pas en contradiction avec le maintien du bon état de conservation de cette espèce. Ceci nous est confirmé par un âge-ratio conforme à une bonne évolution démographique de l’espèce mais aussi par l’accroissement général des populations malgré les campagnes de réduction d’effectifs menées depuis plusieurs années dans les Pays du Nord de l’Europe, notamment pendant la période de nidification ! A ce titre, vu le fort accroissement des effectifs d’oies depuis ces 20 dernières années, mêmes les experts norvégiens soutiennent aujourd’hui l’idée qu’une plus grande pression de chasse en France sur les oies cendrées pourra contribuer à améliorer l’exécution de leur plan de gestion pour cette espèce, plan qui a notamment pour but de réduire fortement le succès reproducteur des couples nicheurs.alixes 20
Ce sont ces bases scientifiques que l’ISNEA a défendu. Souhaitons tous que la mission parlementaire ose les reconnaître et les promouvoir au-delà des passions idéologiques.

Extraits du guide interprétatif :
1.8.2.… »Pour mieux faire appliquer la directive, il importe de mieux comprendre la distribution géographique des voies migratoires, les cycles saisonniers des mouvements et les besoins écologiques des oiseaux migrateurs dans l’Union européenne. Le mieux serait que des études soient menées sur des oiseaux marqués individuellement. »
2.5.9 Le fait que des oiseaux quittent une zone d’hivernage ne signifie pas nécessairement qu’ils entament la migration du retour. Ils peuvent se déplacer vers d’autres aires d’hivernage en raison d’une modification des conditions écologiques locales, de l’épuisement des ressources alimentaires, de phénomènes perturbateurs ou d’une évolution des conditions climatiques

Date de dernière mise à jour : 11/07/2015